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C’est lors d’un périple familial à travers tout le Moyen-Orient que Sabine Jaccard découvre le plaisir de photographier : elle a 9 ans. La photographie ne la quittera plus.
Passionnée de littérature française et anglaise, elle étudie à l’Université d’Oxford et de Londres, puis à la Sorbonne. Shakespeare l’accompagne dans son parcours universitaire et photographique.
Son objectif : proposer des tableaux vivants qui célèbrent des thèmes présents dans l’œuvre de Shakespeare : les oppositions entre la réalité et l’illusion, entre l’ombre et la lumière, entre le corps et l’esprit.
Sa rencontre avec Henri Cartier-Bresson en 2000 affirme sa vocation.
Les expositions se succèdent à partir de 2002.
Sabine Jaccard affectionne particulièrement la Street photography, toujours en noir et blanc argentique. Photographier, selon l’étymologie grecque du mot, c’est « écrire avec la lumière » ; Sabine Jacccard choisit le contre-jour pour témoigner de son désir d’approcher, de toucher, de comprendre ce qui anime l’humain.
En 2017, elle publie son premier livre de photographies « Théâtre d’eau ».

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Modernes Villes : l’amour

"Sabine Jaccard est une voyageuse dans l’âme. Née à Paris en 1971, elle a vécu en Jordanie, à Madagascar sur les hauts plateaux, où elle dirigeait l’Alliance française et sillonne le monde à la recherche de ces fameux « instants de grâce » qu’elle aime tant saisir au vol et fixer sur le papier.

Car, très vite, parallèlement à ses études d’anglais à la Sorbonne, à Londres et à Oxford – où elle se prend de passion pour Shakespeare -, elle se plonge dans la photo. Elle rencontre Martine Franck à Arles et devient disciple du maître malgache Pierrot Men. Ses domaines de prédilection, de l’architecture des villes actuelles au portrait, en passant par la publicité et la mode, témoignent de son éclectisme. En découle la conception de cycles de photographies – en argentique toujours – qui font la part belle à l’être humain.
Théâtre d’ombres, réalisé à Madagascar entre 2000 et 2002 exprime le goût de Sabine Jaccard pour le jeu de l’ombre et de la lumière et manifeste sa volonté de retenir le mouvement de la vie. Cette passion s’affirmera lors des expositions suivantes, Théâtre d’eau et Théâtre d’hommes. La géométrie, si chère à Cartier-Bresson, est également très présente car Sabine Jaccard, jouant avec les lignes et les perspectives des bâtiments, ponts, jardins publics, fontaines et bassins, inscrit très naturellement nos existences dans les espaces urbains. Son regard semble apprivoiser les villes modernes et les réconcilier avec toutes les populations du monde qui y vivent. Elle capte et retient les « instants décisifs » qui souvent rendent notre monde beau, sensible, joyeux. Dans ce regard-là, il y a de la profondeur.
C’est cet humanisme que Sabine Jaccard nous offre en partage : nos villes modernes recèlent des trésors d’amour."

Cuvelliez, écrivain, 2012

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Théâtre d’ombres

"Depuis que Sabine Jaccard m’a demandé de l‘aider dans son travail photographique, aussi bien pour ses propres travaux que pour ceux de ses élèves d’Ambositra, nous avons scruté ensemble une centaine de planches de contact à la recherche de « la » photo, celle où tout se met en place spontanément, le rêve du photographe. Il se trouve que nous choisissions souvent la même, nous interrogeant sur ce mystère : pourquoi celle-ci et pas celle-là, pourtant plus recherchée, témoin d’un moment d’émotion plus intense, résultat d’une poursuite difficile, ou récit d’une anecdote plus intéressante ? La bonne photo est parfois plus sentie que calculée, donnée comme une grâce. Mais il faut savoir la saisir, puis la repérer. Même si, faute de temps, la mise au point n’est pas parfaite, du moment que tout y est, c’est une bonne photo parce qu’elle donne envie de voir. Elle a une action, une ambiance, souvent due à peu de chose : un tuyau qui traîne isole un enfant des autres le rejetant dans une solitude énigmatique ; un bâton oublié sur le sol assied toute une composition ; un ballon surgit comme un cadeau de Dieu sous l’objectif ; la précision d’une inscription sur un mur donne vie à tout le reste ; une jambe coupée en haut à gauche cadre une scène. Sabine s’est intéressée aux ombres, n’hésitant pas à couper les personnages pour se concentrer sur leurs ombres portées, nettes et découpées mais riches d’ambiguïté. Elle a trouvé là une source d’inspiration personnelle qui fait progresser son travail. J’aurais aimé que ma première exposition, il y a bien longtemps, soit aussi réfléchie que la sienne."

Pierrot Men, photographe malgache, 2001

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De l’autre côté du regard

"Sabine Jaccard est angliciste, amateur éclairée de Shakespeare et de Lewis Carroll, le photographe d’enfants et l’auteur de « L’autre côté du miroir » où l’enfant explore l’envers du monde des adultes représenté par un grand échiquier. Son œil de photographe ricoche sur les choses et les gens comme sur la surface d’un miroir. Elle ne voit pas, elle cherche. Dans sa quête, elle a su saisir la chance d’un illustre voisinage, celui de Pierrot Men. Un bon artiste est celui qui vous fait voir le monde par ses yeux. Comment échapper au prisme de son regard quand on vit dans son univers, celui des villages malgaches peuplés d’enfants curieux, joueurs et parfois un peu tristes, projetant leurs ombres chinoises sur l’écran vibrant de murs et de sols dont la texture incite à la méditation, ou silhouettes guerrières longeant des clôtures fragiles et élégantes comme des estampes japonaises ? Pierrot Men est à la fois l’inspirateur, l’accoucheur et le créateur d’un monde où Sabine Jaccard débarque avec son bagage littéraire et son histoire. Si son travail porte la marque de ce tâtonnement, sa recherche personnelle s’affirme quand elle étudie les possibilités plastiques et symboliques de l’ombre et des ombres. Elles lui permettent d’explorer l’au-delà de ces figures d’enfants désormais connus et volontiers cabotins, un au-delà qui la ramène à elle-même et à sa propre quête spirituelle. C’est aussi une façon d’inaugurer son travail de photographe par l’exploration d’un médium qui utilise, précisément, la projection d’ombre et de lumière sur une surface plane et sensible. Quand le corps n’y est plus, que reste-t-il de la personne ? Une question à poser au pays des esprits. "

Pauline de Laboulaye, critique d’art, 2001

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"Théâtre d'Hommes"

"Bien sûr, pour orienter le promeneur, il y a cette indication, Théâtre d'hommes, inscrite au fronton de l'exposition comme un panneau de signalisation. Il y a encore les titres des photos, offerts comme des indices. Parfois comme des devinettes: on cherche ce Colisée qu'une aile effarouchée escamote; on reste sans voix sur ce cadre hautement symbolique que des bras de photographes offrent à la Basilique Saint Pierre de Rome; on tente de percer le mystère de cette étrange Superposition à Stonehenge; on se demande quel dieu bienveillant a écarté la foule autour de ces amants auxquels le pont de Brooklyn accorde un écrin sublime. Il y a donc aussi toutes ces villes dont le seul nom invite les images mythiques à s'évader de l'inconscient pour prendre l'air.
Pourtant, aucun de ces mots ne saurait exprimer vraiment de ce que nous allons voir. Sabine Jaccard ne laisse pas le choix, elle nous contraint à entrer dans son regard ou à passer notre chemin.
Certes, entrer dans le regard d'autrui n'est jamais simple...Mais ceux qui ont rencontré Sabine savent quel est l'intensité du sien: sa vérité vous éclate à la figure, sa candeur à la fois tranquille et inquiète vous désarçonne, sa gravité vous interroge. Il est là, ce regard, planté dans la vie avec une force incroyable. Sabine vous dévisage. Elle cherche à comprendre, à surprendre ce qui, justement, ne se voit pas.
El cela donne ces images étonnantes, presque captatrices. Qui exigent quelque chose de vous. Qui ne se contentent pas d'être effleurées. Qui révèlent plusieurs épaisseurs, comme un mille-feuille de temps, composé de coïncidences et de décalages. Ici, rien n'est seulement beau, rien n'est linéaire, rien n'est donné d'emblée. C'est la vie, jaillissements et ruptures, qui se joue sur toutes ces scènes. Et on sent bien qu'elle y est célébrée.
Pour présenter ce théâtre, on pourrait choisir une approche plus cérébrale, plus technique ou plus esthétique. Et appeler les grands mots à la rescousse, et citer les grandes références. Mais on peut aussi - sans convoquer les mots, puisque la photo, muette par définition, se suffit à elle-même - ne parler que du photographe et regarder ses oeuvres comme je l'ai fait: avec amitié, avec plaisir."

Cookie Allez, écrivain, 2010

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Théâtre d’eau

"Théâtre d’eau, géométrie rigoureuse qui révèle l’insaisissable enchantement du réel, jaillissements transparents parcourus d’ombres en contre-jour, plongeurs acrobates en plein saut, tout est étrangement reconnaissable, étrangement méconnaissable. Est-ce le Parc André Citroën à Paris dans le pétillement des jets d’eau ? Un lac des Alpes dans cette étendue mate et lisse ? Ou bien est-ce quelque Songe d’une nuit d’été en plein jour, où chaque acteur se dédouble en son ombre, gracieuse ou cocasse comme dans le théâtre de Shakespeare si familier à Sabine Jaccard ?
Dans ces photographies, tout est événement dans l’instant, comme au théâtre, et pourtant rien ne se raconte en mots. De simples silhouettes à la Matisse, à première vue sans épaisseur, comme autant de sarabandes enfantines en papiers collés, révèlent des enfants réels qui jouent, s’immergent spontanément dans cet élément primaire qui les met tous en joie, un jardin d’eau, une forêt féerique d’arbres transparents que le vent au sommet épanouit en brouillard blanc ensoleillé de bulles. D’autres enfants aux mêmes ombres, aux mêmes corps acrobates, courent sur un ponton de bois rude. Ils vont sauter, ont sauté, suspendus en arcs de cercle, ou ramassés en boule, au-dessus de l’eau plate. L’un s’y enfonce déjà, poupée gauche, allumant mille feux à la surface soudain mobile.
Car rien n’apparaît fixe, paradoxalement, dans ce que capte Sabine Jaccard, tout invite au mouvement, tout contraint le regard à suivre de subtils graphismes sur des surfaces tantôt mates, tantôt luisantes, rigoureusement étales, d’où surgissent les formes, là encore alliant des graphies contraires qui s’harmonisent : des cercles nets, d’où jaillissent les fûts des jets d’eau s’alignent et s’incrustent dans de grandes dalles implacablement découpées en vastes carrés ; les ombres des enfants y parcourent autant de marelles virtuelles. Les jets d’eau eux-mêmes, quintessence de transparence et de jaillissement vertical, projettent leurs ombres inattendues en contre-jour, longues obliques au sol qui dénient au regard la fluidité qu’ils promettent. De même, dans les photos de Talloires, devant les dégradés de gris des montagnes, la droite parfaite que dessine le lac à l’horizon est contredite par la perspective en fuite des pontons qui conduit le regard là où le plongeur va toucher l’eau. Ces planches de bois sont elles-mêmes zébrées d’ombres fortes qui les font paraître plus géométriques, plus rigoureusement contrastées avec les mouvements bondissants qui y prennent forme.
Comme aimait le faire Shakespeare, sur les planches de son théâtre, tout est saisi dans ce moment où s’amorce une métamorphose, autre mot obsédant chez le poète de la contradiction baroque et du temps irrésolu, dans ce moment qui inscrit la courbe presque douloureuse d’une durée latente dans chaque instant, comme en attente de sa fin, quand le temps reprend son cours. Ainsi parfois des ballons dansent, au sommet des jets d’eau, équilibre instable de forces contraires, boules noires, luisantes, dans le perlé cristallin qui les élèvent, prêts à tomber pour toujours rebondir.
Pourtant, opportunément choisie pour annoncer l’exposition, une photo saisit le temps dans une apothéose idéale de l’instant : un jeu subtil de rappel et de métamorphose vient inscrire le jeu des enfants dans celui des hommes, tandis que les gracils lutins de ce Songe d’une fin d’été ou d’une fin du jour continuent à courir entre les colonnes d’eau, et que les fontaines forment une façade vivante de blancheur limpide devant la face noire d’un long bâtiment à l’arrière-plan, créant comme au théâtre l’illusion d’un improbable Versailles parisien. Pendant ce temps, le ballon d’une montgolfière, très haut sur l’axe central de la photo, rend sensible un moment d’équilibre parfait par la symétrie quasi sans faille qu’il suscite, comme si quelque ballon enfantin avait échappé à toute pesanteur, à toute menace de déséquilibre, à l’eau qui toujours retombe, pour n’être plus qu’élément dans l’air qui s’élève.
L’audacieuse contradiction créatrice que proclame Shakespeare dans Macbeth – « Le noir est le blanc, et le blanc est le noir » -, Sabine Jaccard semble vouloir la faire sienne dans ces photos. Déjà, à la Sorbonne, en étudiant Shakespeare, elle avait su mettre un texte du Roi Lear en images, créant un court-métrage d’une singulière pertinence diffusé depuis à la Cinémathèque de Paris. Elle avait su trouver de subtiles équivalences entre ce texte et la matière concrète – de l’eau, des galets, du sable, une falaise, des jeux de caméra entre profondeur et hauteur – comme elle sait ici créer un théâtre sans paroles dans lequel la matière parle, les formes, les lumières, les jeux d’ombres."

Gisèle Venet, professeur à la Sorbonne Nouvelle, 2005

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L’eau et les rêves

"L’œil de Sabine Jaccard transforme, transcende. C’est une constante de son œuvre, délibérément inscrite en noir sur blanc depuis des années.

Projetée sur le spectacle ordinaire de la vie, son imagination accomplit une miraculeuse diffraction de la réalité qui nous projette au-delà de ce que nos yeux voient.
Ici, Sabine transforme l’eau en feu, en jungles exubérantes, en fantasmagories animales, ou en chevelures de comètes… Dans ces décors choisis et dans ces instants volés au temps, puis fixés à jamais dans une nouvelle vérité, les enfants se métamorphosent en joie pure. Ils sont la danse ; ils sont le jeu ; ils sont le cri ; ils sont l’enfance. Ils sont eux-mêmes au superlatif, tout simplement.

Lorsqu’elle se glisse avec son objectif dans une foule, ou s’immisce discrètement au beau milieu des jeux de la vie, Sabine s’immerge elle-même corps et âme, dans l’acte de photographier. Il suffit de l’avoir suivie pour savoir que l’acuité, l’extrême tension, et son regard perçant, incitent à garder le silence. C’est pourquoi l’on sent dans ses images, la volonté et la force de voir clairement à travers la surface des miroirs que nous tend la réalité.
Il est difficile de parler de son œuvre sans évoquer Shakespeare qui l’a nourrie de son théâtre, au point qu’elle lui a emprunté le titre de cette exposition All the world’s a stage.

All the world's a stage,
And all the men and women merely players…

Les décors, comme les rôles, sont infinis, mais « ce que le photographe reproduit à l’infini n’a lieu qu’une fois », comme l’écrit si justement Roland Barthes. Encore faut-il qu’il soit là, immobilisé par l’éblouissement et capable de le recréer dans une autre dimension.
Il y a dans l’art de Sabine quelque chose de cette magie. Au bout de cette chaîne de petits miracles, c’est à l’œil du spectateur de jouer le dernier acte !"

Cookie Allez, écrivain

____

Discours artistique

"En vingt tableaux vivants, Sabine Jaccard propose à notre regard une subtile pièce

de théâtre qui célèbre des thèmes très présents dans l'oeuvre de Shakespeare : les
oppositions entre la réalité et l'illusion, entre l'ombre et la lumière, entre le corps et l'esprit.
L'eau et l'être humain y jouent les rôles principaux.
Les personnages du Parc André Citroën à Paris, d'Anacostia Park à Washington, ou
de la place de l'ONU à Genève se métamorphosent en mille feux lumineux.
Pas de pose, c'est l'oeil du photographe qui décide de les figer. Une de ses
intentions est de faire jaillir le suc du temps pour souligner sa gravité, mais aussi pour donner
de la joie.
Franco-suisse, Sabine Jaccard habite à Paris. Elle affectionne particulièrement la
street photography en noir et blanc argentique. Photographier : c'est "écrire avec la
lumière" : elle a choisi le contre-jour pour témoigner de son désir d'approcher, de toucher,
de comprendre ce qui anime l'humain.
Et c'est à l'oeil du spectateur de jouer le dernier acte !"

Cookie Allez, écrivain


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